Avalanche

Manang, NépalJe suis très touché par les pertes humaines occasionnées par l’avalanche au Népal. À Manang (lieu de la photo), non loin de l’endroit de l’avalanche, j’ai aussi expérimenté une chute de neige inattendue, sauf qu’au lieu de tomber 1 mètre en quelques heures, il était tombé 30 centimètres de neige en une nuit… ce qui a fait la différence entre une situation dangereuse et un paysage surréel.

J’ai néanmoins vue/vécue une avalanche au Pakistan, mais j’étais de l’autre côté d’un immense glacier.

La force d’une avalanche est brutale, on l’entend comme un coup de tonnerre qui s’éternise, on la ressent, car tout vibre sous nos pieds, aussi on ne peut s’empêcher de regarder, car on est complètement dominé par l’événement …et on comprend qu’une randonnée en haute montagne est une aventure qui comporte son lot de risque. Mais le risque équivaut grandement l’exaltation que procure le défi.

Au centre de la photo suivante, vous pouvez voir une coulée de neige, c’est l’endroit où j’ai observé l’avalanche. Attention le dénivelé, entre le sommet et la base du glacier, doit faire minimum deux kilomètres…

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Théâtre de rue

Quand on arrive pour la première fois, on n’a pas assez de nos deux oreilles pour tout voir. Passez assez de nos deux yeux pour tout savourer. Pas assez de papilles pour sentir la place. Bienvenue à la place Jemaa el-Fna.

La première fois, votre cerveau n’arrive tout simplement pas à tout décoder. Y’a juste trop d’information a traité en même temps. Le cerveau fait du surplace, incapable d’analyser la situation. Comme les bonnes vieilles machines à boules, on peut facilement tilter ici. Une fois la surdose passée, le plaisir pourra enfin commencer.

Il y a des grandes places partout sur la planète, mais « La Place » comme on l’appelle ici est seule en son genre. On y retrouve de tout. Des vendeurs de toutes sortes : sucreries, souvenirs pour les riches, souvenirs pour les pauvres, cigarettes, huile, figues de barbarie…OK, je pense que vous avez compris le principe.

En plus, en soirée, il vous faudra ajouter un bouquet d’odeurs qui vous fera probablement saliver. Le street food est à l’honneur ici. Les grillades, les brochettes, les salades marocaines, les thés à la menthe, les jus frais, les vendeurs d’escargots, les pâtisseries françaises…

S’ajoute, sans être limitatif (!) le cracheur de feu qui s’exécute au milieu de la foule. Les charmeurs de serpents qui essaient d’apprivoiser le touriste pour lui soutirer quelques dirhams. Le tatoueur à la mode henné. Les musiciens en tout genre, comme mon ami le joueur de guenbri (que je vous présenterai sous peu) ou le band complet. Les clairvoyants et le médecin ambulant et qui vendent leurs recettes magiques. D’ailleurs, le meilleur médecin de la place il faut l’entendre parler, car il est invariablement le meilleur conteur.

Et ce n’est pas fini! De vrais orateurs, des comédiens, des danseurs, la famille acrobate, des porteurs d’eau, le dresseur de singe. Et comme dans toute bonne fête foraine, pour deux dirhams on vous proposera d’accomplir l’impossible, faire tomber deux boules de quille avec ballon!

Tout se présente d’une manière tellement désorganisée, qu’on ne peut y croire. Au contraire, on dirait qu’on a préparé, juste pour vous, une immense pièce de théâtre. Tout le monde a son rôle. Les riches, les pauvres, les désabusés de la vie, les rabatteurs, les cuisiniers, les vendeurs, le voleur (que je n’ai pas vue), des gens qui tentent de gagner leur vie, des familles, des touristes, l’enfant qui essaie de faire tomber les boules de quille. Et moi. Tous revendiquent une place. Tous participent à cette effervescence.

Il y a des endroits qui sont célèbres par leur architecture, leur spiritualité, leur histoire. Ici c’est pour son théâtre de rue. Voici quelques comédiens en pleine action :

Le vieux et ses petits enfants Father with kids on a bicycle

Les vendeurs d’escargots et leurs clientsCityscape of Jemaa el-Fna square

Le médecin et sa potion à base de peau de serpentDoctor selling drugs

Préparation du thé à la mentheMint tea in Square Jemaa el-Fna

La famille acrobateAcrobats in action

Le charmeur de serpent faché!Snake Charmer

Vous voulez manger?Lunch at Jemaa el-Fna square
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Benoit D.

La médina de Marrakech

Imaginez la combinaison d’un labyrinthe et d’un voyage dans le temps, c’est un peu ça la médina de Marrakech. Les culs-de-sac, les rues qui se ressemblent et s’entremêlent, la couleur rouge qui semble habiller si fièrement tous les bâtiments. Tout est fait pour se perdre. C’est ce qui m’est arrivé. Et c’est ce qui vous arrivera, du moins, je vous le souhaite.

Vue partielle de la médina depuis la terrasse du musée de la photo.

Paysage urbain de la médina

Lorsque vous serez perdu, il y a de fortes chances qu’une âme charitable vous indique le bon chemin, c’est ce qui arrive souvent. Par contre, d’autres voudront vous aider moyennant quelques dirhams ou par un grand détour chez son ami le tanneur de cuir. À éviter! Vous devrez démêler le vrai du faux. Malgré quelques impairs, la visite de la médina déclenchera en vous un véritable envoutement. Promis, juré, craché. Et s.v.p., laisser la dérision de côté et accepté le sens figuré!

Bon, vous pensez que j’exagère encore? Attendez que vous parle de la grande Place Jema el-Fna!

La médina, c’est visiter la ville fortifiée qu’on apprend dans les livres d’histoires. Elle existe encore, je l’ai vue, comme bien d’autres avant moi. C’est le musée qu’on a toujours voulu visiter, parce qu’on peut toucher à tout, sentir, gouter, écouter, regarder. En plus, c’est la vraie vie ici, pour le meilleur comme pour le pire.

Vous me demanderez si c’est pauvre dans la médina, bof, oui et puis? Au lieu de pauvreté je dirais peut-être une forme de simplicité. OK, disons, pour être plus précis, une forme simplicité involontaire. Puis, lorsqu’on quitte les murs de la médina, la richesse aime bien s’afficher.

À défaut de tout décrire, je vous laisse découvrir, par quelques scènes de la vie quotidienne, la médina. Souvent, il n’y a pas de visage, c’est voulu, par respect pour leur religion et par respect pour les gens.

Vieille dame marchant dans la médina

Moroccan woman in djellaba walking in Marrakesh's medina. Morocco 2013

Ruelle cul-de-sacnarrow streets

Quelques scènes de la vie quotidienne

Arabic women at a shop in a city of Marrakesh (medina). Morocco, 2013

Marrakesh - MAR 29: Street scene in medina of Marrakech, Morocco on Mar 29, 2013.

Marrakesh - MAR 29: Street scene, woman selling bread in medina of Marrakech, Morocco on Mar 29, 2013. Marrakesh - MAR 28: Old man walking in the medina, Morocco on Mar 28, 2013. Marrakesh - MAR 28: Street scene, a man selling vegetables in the streets of the medina, Morocco on Mar 28, 2013.

J’espère que vous avez apprécié. On peut retrouver la majorité de ces photos sur mon site Flickr.

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Benoit D.

Portraits de rue

Faire des portraits de rue est parfois difficile, mais quand on se retrouve dans un pays musulman c’est encore plus compliqué. Plusieurs refusent de se faire prendre en photo. Il faut respecter leur décision qui peut être basée sur la religion ou sur tout autre fondement. De toute manière, il ni a rien de plaisant à se faire photographier des touristes insolents!

Tant bien que mal, j’essaie de me conformer à ce code d’éthique : le respect des gens à la vie privée. Lorsque c’est possible, je demande la permission que ce soit pour photographier une personne ou l’étal d’un marchant. Si la réponse est négative, ça permet tout de même d’échanger avec les gens, ce qui est toujours agréable. 

Mais souvent la réponse est positive. Alors on s’installe et on prend quelques photos. Celles-ci sont rarement les bonnes, les gens ont tendance à être sérieux et froid (avec compréhension!). Après une première série de photos, je retourne toujours voir la personne et je lui montre les photos. On échange un peu, on se présente. On tentera en l’espace de quelques minutes de créer un lien. C’est à ce moment que je lui redemande de prendre d’autres photos. Souvent, très souvent, c’est là qu’on prend les meilleures portraits, parce qu’on a créé un lien entre cette personne et nous.

En voici un exemple, au jardin de Koutoubia à Marrakech. Première photo, c’est bien, mais… :

Le viel homme et son vélo

Et maintenant, après avoir échangé à nouveau avec lui, voici le résultat de ma deuxième série de photos, à mon humble avis, c’est une photo plus intéressante :

Le viel homme et son vélo

D’autres portraits de la médina de Marrakech.

Le mécanicien dans la médina de Marrakech. Maroc, 2013

Portrait du mécanicien

Un courturier en attente de client dans le souk près de la place Jemaa el-Fnaa, Marrakech. Maroc 2013

Le couturier

Le gentil rabatteur à la place Jemaa el-Fnaa, Marrakech. Maroc 2013

Le gentil rabatteur

Le Sénégalais à la place Jemaa el-Fnaa, Marrakech. Maroc 2013

Le Sénégalais

Je pourrai aussi vous donner l’exemple de ma famille de pêcheur à Phnom Penh, mais vous les connaissez déjà. Dans ce cas, c’est à ma deuxième visite que j’ai pris mes meilleures photos.

Rarement ça « clique » du premier coup, mais c’est ce qui m’est arrivé lors de ma visite à Biakpa, au Ghana. Encore aujourd’hui, la visite de ce village demeure l’un de mes moments magiques où la rencontre s’est faite non pas avec une seule personne, mais un village au complet! C’est pour recréer un moment comme celui-là que je continue à voyager. Imaginé, après quelques heures dans le village, on m’avait offert une parcelle de terre pour m’y installer!

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Benoit D.

Église Salvador

Souvent, en voyage on arrive quelque part et c’est vraiment bien. L’architecture, l’espace public, les bâtiments forment un tout agréable. Mais pour prendre une photo, c’est tout le contraire, il y a plein de monde, l’éclairage n’est pas idéal, l’endroit est un peu à l’étroit et, malgré tout, on prend une photo. Fort probablement cette photo deviendra un souvenir numérique inutile plutôt que de devenir une photo « carte postale »!

Par contre, ces contraintes doivent nous forcer à regarder différemment. Par exemple, sur la place de l’église Salvador à Séville, c’était vraiment bondé de monde et les contrastes lumineux entre les zones d’ombres et ensoleillées étaient trop importants pour pouvoir prendre une bonne photo. Soit j’étais surexposé, parce que je priorisais les zones d’ombres où soit j’étais sous-exposé parce que je prenais ma lecture sur les zones éclairées. Bref, impossible de prendre une photo qui rendait justice à cette place et à cette église.

Pour remédier à cette situation, l’une des solutions est de prendre plusieurs photos avec différents réglages, (ce qu’on appelle le bracketting). Ensuite, on fusionne ces mêmes photos avec un logiciel comme Photoshop, ce qui donne une photo HDR. Mais pour utiliser cette méthode, il faut un trépied, ce que je n’amène pas avec moi en voyage.

Une autre solution, plus simple, est de revenir à un autre moment de la journée lorsque l’éclairage est meilleur, idéalement tôt le matin ou en fin de journée. Mais ce n’est pas toujours possible en voyage.

C’est Melissa, ma copine, qui m’a orienté sur l’ombrage porté sur la façade de l’église. Dès ce moment j’ai joué la carte des contrastes. Des fois, il vaut mieux mettre à profit les contraintes! Deux trois réglages et le tour était joué! Voici le résultat.

Church and shadow

La suite des photos de Séville ici.

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Benoit D.

Essaouira

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai passé une belle et longue fin de semaine. Le tout a commencé le vendredi  avec une longue marche dans la médina, le cœur historique de la vieille ville de Marrakech. Chanceux, on ne sait « presque » pas perdu dans ce labyrinthe! Je vous montrerai de photos, promis, faut juste un peu de patience! Puis, samedi, marche en montage et un dimanche à la mer. C’est un peu tout ça le Maroc.

Bref, voici, quelques photos de notre passage à Essaouira, une ville assez photogénique en bordure de mer. Elle a aussi porté le nom de Mogador. La médina  est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui en fait un passage presque obligé si on va au Maroc. Bref, rien de spécial, mais c’était vraiment agréable de marcher les pieds nus dans l’eau. Et de manger du poisson fraichement pêché.

J’espère que vous apprécierez les photos.

Essaouira Essaouira Essaouira Essaouira

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Benoit D.

Le vendeur

Je vous présente mon vendeur de figues de barbarie préféré! Il parle juste arabe, mais comme il éclate de rire à chaque phrase, on rit tous ensemble et finalement on fait tous semblant de se comprendre.

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En plus, c’est un grand farceur! La première fois que je l’ai vue, il a essayé de me vendre ses figues dix fois le prix. Quand une gentille interprète m’a expliqué qu’il me demandait dix dirhams pour chacune des figues que j’avais déjà mangées, je suis partie à rire! Honnêtement, c’était juste trop drôle négocier avec lui.

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Puis aujourd’hui je l’ai croisé une seconde fois à la grande place Jemaa el-Fna au cœur de Marrakech, il m’a reconnu et m’a invité à nouveau a dégusté ses figues. Je n’ai pas pu résister. Ce n’est pas le meilleur fruit que j’ai mangé ici, mais c’est celui qui m’apporte le plus de plaisirs!

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Benoit D.

La Alhambra

La Alhambra à Grenade est un immense palais à l’architecture magnifique. J’en ai écrit quelques mots dans mon précédent blogue. Ses caractéristiques architecturales, par exemple la parfaite symétrie et la surabondance d’éléments décoratifs, en font une acropole mythique où la magie des couleurs et des formes rejoint l’histoire. 

Voici une photo que j’ai prise dans un des nombreux palais. Pour la petite histoire, j’ai utilisé une lentille grand-angle qui permet un cadrage beaucoup plus large que normal. En plus, pour cette photo j’ai fusionné, comme pour un panorama, deux photos avec le logiciel Photoshop. Il y avait donc une photo pour la section inférieure et une seconde pour la section supérieure. La photo finale résulte en un champ de vision beaucoup plus large que la perception naturelle de l’œil, ce qui procure son effet si particulier. Pour ma part, j’ai l’impression d’être absorbé par la photo. 

Alhambra

J’aime bien cette photo, on a l’impression d’être caché à l’arrière-plan. Le regard à l’affut, sur la porte de gauche, dans l’attente du passage d’un occupant. Et les interrogations sont nombreuses… Qui sera-t-il? À quelle époque sommes-nous?

Si vous appréciez, j’ai ajouté d’autres photos sur mon site Flickr.

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Benoit D.

Sevrage

L’Espagne c’est bien, même très bien. Le vin, les tapas, la joie de vivre des Espagnoles, c’est parfait pour un gars qui ne demande qu’à découvrir un nouveau pays. En plus, le rapport qualité-prix pour le vin et la nourriture est excellent. Mais en ce qui concerne la bière… faudrait quelques expatriés belges pour leur montrer comment faire.

L’une de leurs bières nationales est l’Alhambra qui goute… qui ne goute rien, un peu comme la Heineken ou la Molson Dry. On accepte de la boire parce que les options sont rares. Comme j’aime la bière, vous comprendrez que ça m’a pris trois jours avant de comprendre qu’en Espagne, il vaut mieux boire du vin. Des fois, je ne suis pas vite! Mais que voulez-vous, j’avais toujours espoir de découvrir une Boréale rousse cachée sous le soleil de l’Andalousie…

Alhambra Alhambra AlhambraAussi, faut ajouter que cette bière est nommée en l’honneur du célèbre palet/monument Alhambra qui est plutôt magnifique. Allez voir par vous-même : www.alhambra-patronato.es. C’est un complexe architectural d’influence islamique, tout en ayant une forte inspiration méditerranéenne et ça surplombe la belle ville de Grenade.

Bref à ceux, comme moi, qui pensaient que cette bière serait magnifique et complexe…

Mais pourquoi vous parlez de cette bière, alors que le mixte vin et tapas est tout simplement sublime et parfois magique. Aux amateurs de bonne bouffe et amis québécois, vite, arrêtez de manger votre poutine et allez gouter l’Espagne. Les tapas sont… surtout ceux du resto Eslava (espacioeslava) ou encore La Mata (lamata24). Depuis mon passage à ces deux resto/bar, mes papilles gustatives sont actuellement en sevrage. C’est difficile, j’vous jure.

Pas encore convaincue? Sachez qu’ici on mange cinq fois par jour. Ça, ça signifie des tapas cinq fois par jour… OK, quatre! Pour le premier repas, au petit déjeuner, vous pourrez savourer votre premier expresso. Si vous êtes encore plus chanceux, il sera préparé par un Italien… Que du bonheur pour le palais.

Bref, je voulais voir l’Espagne pour savoir, si je devais y retourner. La réponse est définitive et sans appel : oui! Mais cette fois plus longtemps. Muchas gracias Sevilla y Granada, mais la prochaine fois se sera : hola Barcelona y Madrid !

Benoit D.