Essaouira

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai passé une belle et longue fin de semaine. Le tout a commencé le vendredi  avec une longue marche dans la médina, le cœur historique de la vieille ville de Marrakech. Chanceux, on ne sait « presque » pas perdu dans ce labyrinthe! Je vous montrerai de photos, promis, faut juste un peu de patience! Puis, samedi, marche en montage et un dimanche à la mer. C’est un peu tout ça le Maroc.

Bref, voici, quelques photos de notre passage à Essaouira, une ville assez photogénique en bordure de mer. Elle a aussi porté le nom de Mogador. La médina  est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui en fait un passage presque obligé si on va au Maroc. Bref, rien de spécial, mais c’était vraiment agréable de marcher les pieds nus dans l’eau. Et de manger du poisson fraichement pêché.

J’espère que vous apprécierez les photos.

Essaouira Essaouira Essaouira Essaouira

A+

Benoit D.

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Ne rien faire à Moana

Quand j’ai débarqué du train, le brigadier contrôleur qui était trois locomotives plus loin faisait de grands signes et nous indiquait clairement de rembarquer dans le train. Puis, le nous est vite devenu singulier, j’étais seul sur le quai. J’ai regardé à nouveau mon billet, c’était bien écrit Christchurch — Moana, Scenic train, New Zealand. Et sur la façade défraichie de la gare déserte, il y avait d’écrit, en grosse lettre rouge Moana.

Convaincu d’être au bon endroit, j’ai décidé d’attendre le brigadier armé de mon billet. Alors qu’il marchait vers moi d’un pas autoritaire, je me suis demandé pourquoi j’étais encore le seul touriste à faire différent. Tout le monde continuait jusqu’à Greymouth, sur la côte ouest, sauf moi. Dans quoi je me suis embarqué!

Puis, le brigadier a observé mon billet et devinant que j’étais un touriste il m’a gentiment demandé si je connaissais l’heure de retour? J’ai répondu 14 h 42.

Pourquoi débarquer à Moana? On m’avait dit qu’il y avait un joli café dans un beau petit village. Pour la petite histoire, oui, il y a un café et oui c’est beau, montagne, lac et tout le reste. Fin du suspense! Mais on ne m’avait pas dit qu’il n’y avait rien d’autre à faire.

J’ai donc décidé de prendre le tout du bon côté et de ne rien faire à Moana.

En marchant vers le lac, j’ai croisé un groupe de p’tit vieux prenant leur marche de santé. Rapidement, ils ont flairé le touriste cherchant quelque chose. Ils m’ont gentiment indiqué où je pouvais admirer leur village (un peu plus loin sur la gauche) et où je pouvais trouver « le » restaurant. Facile, il est à l’opposé de la Gare.

Un peu plus loin sur la gauche, sur le rivage du lac, j’ai croisé un autre p’tit vieux qui revenait de la pêche avec son kayak modifié. Évidemment que j’ai été à sa rencontre.

Bon, bon, bon, j’en entends certains se plaindre de mon langage, « les vieux », moi je trouve ça jolie, pas autant que la vieille, mais bon, j’image que c’est une question de goût! Au Burkina, se faire appeler « le vieux ou la vieille » c’est un signe de respect et de santé dans un pays où la vie est plus que difficile. Au Cambodge, un vieux c’est entre autres quelqu’un qui a vécu et survécu au Khmer rouge.

Et moi, j’aurais bien aimé appeler mes parents « les p’tits vieux baby-boomers » et voir leur visage! Ce que j’aurais rigolé!

Et mon vieux pécheur? Bien le maudit il revenait avec une belle brune de 14, 15 pouces! Il m’a aussi raconté qu’une grosse truite était partie avec son appât préfère, je vous jure!

Puis tant qu’à ne rien faire, j’ai pris quelques photos. Avec un paysage comme ça, moi aussi je pourrais ne rien faire et juste aller pêcher…

Pour le reste bien… c’est ça qui est ça. 14 h 42.

Pis la ballade en train, c’était comment? Bien, c’est juste beau partout. Parfois, on dirait un plateau de cinéma à ciel ouvert. Les montagnes, les sommets enneigés, la grande prairie d’orée, la grosse rivière pis quelques moutons à ici et là. Quoi, vous saviez déjà que la Nouvelle-Zélande c’est trop beau, vous auriez pu me le dire avant…

Mais ce n’est pas beau partout, il y a aussi Christchurch la capitale économique de l’île du sud. Pas que c’est laid, bien au contraire, mais plutôt parce que le centre-ville a été en partit détruit par deux séismes meurtriers en 2010. Disons une ville défigurée. Il faut croire que chacun a ses difficultés et ses épreuves.

Je vous reviens avec Christchurch, photos à l’appui.

En attendant, j’ai mis quelques photos de Moana et de la Nouvelle-Zélande sur mon site Flickr.

A+

Benoit D.

La famille de pêcheurs

À ma deuxième visite, la famille de pêcheurs était un peu surprise de me revoir. Faut dire que croiser un touriste sur l’autre rive du Mékong est plutôt inhabituel. Et le même touriste, une deuxième fois, au même endroit, probablement jamais! Généralement on reste sur Phnom Penh. C’est plus simple, plus confortable.

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Et puis de l’autre côté, c’est une zone à vocation agricole. Il y a bien un petit village fort sympathique, qui nous accueille lorsqu’on débarque du traversier. Quelques routes de terre, quelques regroupements de maisons ici et là, mais il y a peu à voir, à l’exception du Mékong, l’un des plus puissants fleuves d’Asie.

Qui dit Mékong, dit aussi pêche. On retrouve de nombreuses petites cabanes de familles de pêcheurs. Bâties avec trois fois rien. Certaines cabanes, plus sophistiquées, sont flottantes et d’autres sont construites sur pilotis à même le rivage.

C’est au hasard d’une ballade que j’ai croisé cette famille de pêcheurs. Dès que nous sommes arrivés, on a bien essayé d’échanger quelques mots, sans grand succès. La vieille dame et ses jeunes enfants ne parlent pas anglais et mon khmer n’est pas très bon! Mais dès que le vieux a entendu la voix d’un barang, il a marché à notre rencontre. Il a fait difficilement quelques pas, je me suis donc approché. Ce n’est pas seulement la vieillesse qui le ralentissait, mais également sa faible vision. Il me semblait presque aveugle.

Puis, après quelques sourires et quelques poignées de main, j’ai compris que Melissa et moi étions bienvenues. Bon, nous ne sommes pas restés longtemps. On a marché un peu, observé l’eau brune du Mékong, leurs embarcations de pêche, les détritus de plastique longeant le rivage et après quelques photos, nous avons fait nos salutations.

Quelques semaines plus tard, je suis retourné visiter la même famille, cette fois avec un petit présent. Des photos que j’avais prises lors de ma précédente visite. Quand elle a vu les photos, la vieille dame semblait contente, les plus jeunes souriaient, mais le vieux se faisait discret. En regardant de plus près, j’ai compris. Il était étendu, sous soluté…

Même si j’étais bienvenue, la vie quotidienne appelait les plus jeunes au travail. Je suis resté un moment. J’ai montré mon appareil photo à celui qui semble être responsable des opérations en guise de permission. Il a acquiescé d’un sourire, j’ai répondu d’un pouce en l’air! Puis le travail à commencer, plus de deux heures à ramener un filet de pêche. Fallait voir la plus jeune, probablement six ou sept ans, tirer les mailles du filet. Et l’autre p’tit kid faire le comique quand je le prenais en photo!

Quand j’ai réalisé la taille du filet, je me doutais que les jeunes allaient ramener tout un festin, d’autant plus que nous étions à quelques heures du Nouvel An khmer (qui correspondons à peu près à notre Pâques). Après tout ce travail, j’espèrais tellement une pêche miraculeuse pour eux. Tout y était, le décor, la chaleur accablante, les jeunes au travail, le vieux qui a sûrement besoin d’un bon repas et le Nouvel An khmer, prétexte à la fête et au festin familial.

Bien, Nouvel An ou pas, les jeunes étaient contents de leurs prises. Vous êtes curieux? Voici le résultat : un (trop) petit paquet de petits poissons (ça s’est petit). Et un seul poisson de moyenne taille. Pas de quoi faire un festin.

Est-ce toujours comme ça, est-ce normal d’obtenir si peu? Je ne sais pas. Mais quand toute l’opération était terminée. Les jeunes ont remis le filet à l’eau. Demain, faut manger.

À mon départ, le vieux était sur son hamac et m’a salué.

Benoit D.